Kachf Choubouhât partie 2

Publié le par Mouhammad ibn 'Abdelwahhâb

 Sixième ambiguïté :

S’il te dit : « L’intercession à été donnée au prophète -salla llahou ‘alayhi wa sallam-, je lui demande donc ce qu’Allah lui a donné. »
 
La réponse à cette ambiguïté :
Allah lui a donné l’intercession, et Il t’a interdit de faire cela. En effet, Allah a dit « n’invoquez donc personne avec Allah. »[1] Lorsque tu invoques Allah pour qu’Il fasse intercéder Son prophète en ta faveur, tu obéis à Sa parole « n’invoquez donc personne avec Allah. »
 
De plus, l’intercession à été donnée à d’autres qu’au prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam-, il a été authentifié que les anges intercèdent, les enfants morts en bas âge intercèdent, les saints intercèdent. Est-ce que tu dis « Allah leur a donné l’intercession alors je la leur demande » ? Si tu dis cela, alors tu es retourné à l’adoration des pieux, qu’Allah a évoqué dans Son livre. Et si tu dis « Non », alors tu as contredit tes propos qui disent « L’intercession à été donnée au prophète -salla llahou ‘alayhi wa sallam-, je lui demande donc ce qu’Allah lui a donné. »
 
Septième ambiguïté :
S’il te dit : « Je n’associe rien à Allah, loin de là ! Mais avoir recours aux pieux n’est pas du polythéisme. »
 
Réponse à cette ambiguïté :
Si tu reconnais qu’Allah a interdit le polythéisme encore plus que l’interdiction de l’adultère, et que tu reconnais qu’Allah ne pardonne pas l’idolâtrie, alors quelle est cette chose qu’Allah a interdite et qu’Il a dit qu’Il ne la pardonne pas ? Car en faite, il ne sait pas ce que c’est.
 
Alors dit lui : Comment t’innocentes-tu de l’idolâtrie alors que tu ne sais même pas ce que c’est ? Allah t’interdit cette chose, et dit qu’Il ne la pardonne pas, et toi tu ne cherches pas à savoir ce que c’est ? Comment peux-tu faire cela ? Et comment peux-tu ne pas connaître ça ? Penses-tu qu’Allah l’interdit des choses sans t’expliquer ce qu’elles sont ? 
 
Huitième ambiguïté :
S’il dit : « Le polythéisme, c’est l’adoration des statues, or nous n’adorons pas de statues. »
 
La réponse à cette ambiguïté :
Ça veut dire quoi : « Adorer les statues » ? Penses-tu que les idolâtres de l’époque du prophète croyaient que ces pierres et ces arbres créent, donnent subsistance, et gèrent les affaires de ceux qui les invoquent ? Mais le Coran dément cela !
 
Et s’il te défini l’adoration des statues comme ceci : « Ce sont ceux qui s’adressent à un arbre ou une pierre ou une construction sur une tombe, ou autre en l’invoquant, et lui faisant des sacrifices, et disent : « Certes, il nous rapproche d’Allah, et Allah nous protège par sa bénédiction, et nous donne par sa bénédiction. » Alors dis-lui « C’est exact, et c’est ça que vous faites envers les arbres, les édifices sur les tombes etc… » Il a donc reconnu que leur acte est l’adoration des statues, et c’était l’objectif.
 
On lui dit également :
Lorsque tu dis « Le polythéisme est l’adoration des statues », est-ce que tu veux dire par là que ça se limite à ça, et que le fait de s’en remettre aux pieux et de les invoquer n’est pas inclus dedans ?  Cela est réfuté par Allah dans Son livre, et ce qu’Il mentionna au sujet de la mécréance de celui qui se rattache aux anges, à ‘Îsâ ou aux pieux. Il doit fatalement te reconnaitre que quiconque associe dans l’adoration d’Allah qui que ce soit parmi les pieux commet le polythéisme évoqué dans le Coran, et c’est l’objectif.
 
La subtilité de cette question est que s’il dit : « Je n’associe rien à Allah » alors dis-lui : Qu’est-ce que l’association à Allah ? Explique la moi ?
 
S’il te dit : « C’est l’adoration des statues. » Alors dis-lui : Qu’est-ce que l’adoration des statues ? Explique la moi ?
 
S’il te dit : « Je n’adore rien d’autre qu’Allah ! » Alors dis-lui : Que signifie l’adoration d’Allah ? Explique la moi ?
 
S’il te l’explique avec ce qui correspond à ce que le Coran démontre, alors c’est l’objectif. Et s’il ne la connaît pas, alors comment prétend-t-il une chose qu’il ne connaît pas ?
 
S’il l’explique par autre que sa signification, alors explique lui les versets du Coran clairs et évidents sur la signification du polythéisme et de l’adoration des idoles, et que c’est exactement ce qu’ils font à notre époque, et que l’adoration d’Allah unique et sans associé est ce qu’ils nous reprochent et ce pourquoi ils nous crient dessus, comme le firent leurs frères lorsqu’ils dirent : « Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu? Voilà une chose vraiment étonnante. »[2]
 
Lorsque tu sauras que ce que les idolâtres de notre époque appellent « la croyance » est en faite l’idolâtrie que le Coran dénonça et pour lequel le messager –salla llahou ‘alayhi wa sallam- combattit les gens, sache alors que l’idolâtrie des anciens est plus légère que l’idolâtrie des gens de notre époque sur deux points :
 
  • Premièrement : Les anciens idolâtres n’associaient, n’invoquaient les anges, les saints et les idoles avec Allah qu’en période de prospérité, par contre en période de difficulté ils vouaient le culte exclusivement à Allah, comme le dit Allah ta‘âlâ : « Et quand le mal vous touche en mer, ceux que vous invoquiez en dehors de Lui se perdent. Puis, quand Il vous sauve et vous ramène à terre, vous vous détournez. L’homme reste très ingrat! »[3]
 
Et Sa parole ta‘âlâ : « 40. Dis: «Informez-moi: si le châtiment d’Allah vous vient, ou que vous vient l’Heure, ferez-vous appel à autre qu’Allah, si vous êtes véridiques?» 41. C’est plutôt à Lui que vous ferez appel. Puis, Il dissipera, s’Il veut, l’objet de votre appel et vous oublierez ce que vous [Lui] associez. »[4]
 
Et Sa parole ta‘âlâ : « Et quand un malheur touche l’homme, il appelle son Seigneur en se tournant vers Lui. Puis quand Il lui accorde de Sa part un bienfait, il oublie la raison pour laquelle il faisait appel, et il assigne à Allah des égaux, afin d’égarer (les gens) de son chemin. »[5]
 
Et Sa parole ta‘âlâ : « Quand une vague les recouvre comme des ombres, ils invoquent Allah, vouant leur culte exclusivement à Lui; et lorsqu’Il les sauve, en les ramenant vers la terre ferme, certains d’entre eux deviennent réticents »[6]
 
Quiconque comprendra ce point qu’Allah élucida dans Son livre, qui est le fait que les idolâtres que combattit le messager d’Allah invoquaient Allah et autre que Lui en période de prospérité uniquement, par contre en temps de difficulté ils n’invoquaient qu’Allah uniquement sans aucun associé, et oubliaient leurs idoles, alors la différence entre le l’idolâtrie des gens de notre époque et l’idolâtrie des anciens s’avèrera claire pour lui. Mais où se trouve celui dont le cœur comprend cela d’une compréhension bien solide ? Allah est Celui dont l’aide est implorée
 
  • Deuxièmement : Les anciens idolâtres invoquaient avec Allah des gens rapprochés d’Allah, comme des prophètes, des saints, des anges, ou bien ils invoquaient des arbres ou des pierres, qui sont des choses qui sont obéissantes à Allah, et non désobéissantes.
 
Alors que les gens de notre époque invoquent avec Allah des pervers de la pire espèce ; ceux qu’ils invoquent sont des gens qui furent jugés pour débauche, fornication, vol, abandon de la prière et autre…[7] Celui qui à des convictions envers un pieux ou en ce qui ne désobéit pas, comme un morceau de bois ou une pierre, est moins abjecte que celui qui à des convictions envers celui dont la perversité est flagrante et dont il est témoin.
 
Une fois que tu seras sûr que ceux que combattit le messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam- étaient plus sains d’esprit et coupables d’une idolâtrie plus légère que ces gens- là, alors sache que ces gens-là viennent avec une ambiguïté, parmi les plus grandes de leurs ambiguïtés, écoutes-en donc attentivement la réponse, et c’est qu’ils disent :
 
  • « Ceux sur qui est descendu le Coran n’attestaient pas qu’il n’y a de divinité qu’Allah, et ils démentaient le messager –salla llahou ‘alayhi wa sallam- et reniaient la résurrection et démentaient le Coran et considéraient qu’Il n’était que sorcellerie. Alors que nous, nous attestons qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Mouhammad est le messager d’Allah, nous croyons au Coran et avons foi en la résurrection, nous pratiquons la prière et nous jeûnons, alors comment nous considères-tu pareils à ces gens là ? »
 
La réponse à cette ambiguïté :
Il n’y a pas de divergence entre les savants quant au fait que l’homme qui croit le messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam- dans une chose et ne le croit pas dans une autre est un mécréant et n’entre pas dans l’islam, tout comme celui qui croit en une partie du Coran et renie une autre, comme celui qui reconnaît le monothéisme mais renie l’obligation de la prière, ou qui reconnaît le monothéisme et la prière mais renie l’obligation de la Zakât, ou qui reconnaît tout cela et renie le jeûne, ou qui reconnaît tout cela et renie le pèlerinage. Lorsque les gens ne pratiquaient pas le pèlerinage à l’époque du prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam-, Allah révéla ce verset s’adressant à eux : « Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allah Se passe largement des mondes »[8]
 
Et quiconque reconnaît tout cela mais renie la résurrection devient mécréant à l’unanimité, et son sang et ses biens sont désacralisés, comme le dit Allah : « 150. Ceux qui ne croient pas en Allah et en Ses messagers, et qui veulent faire distinction entre Allah et Ses messagers et qui disent: «Nous croyons en certains d’entre eux mais ne croyons pas en d’autres», et qui veulent prendre un chemin intermédiaire (entre la foi et la mécréance), 151. les voilà les vrais mécréants! »[9]
 
A partir du moment où Allah a proclamé dans Son livre que celui qui croit en une partie et mécroit en une autre est un vrai mécréant, alors cette ambiguïté cessera. Cette ambiguïté fut le thème d’une lettre que nous a envoyé un habitant de Ihsâ’.
 
On lui dit aussi : à partir du moment où, d’une part, tu reconnais que celui qui croit le messager –salla llahou ‘alayhi wa sallam- dans toute chose sauf au sujet de l’obligation de la prière, alors c’est un mécréant dont le sang et les biens sont désacralisés à l’unanimité, tout comme celui qui croit en tout sauf en la résurrection, ou celui qui renie l’obligation du jeûne du ramadan tout en reconnaissant le reste, et qu’aucune des écoles ne diverge à ce sujet, et c’est ce que dit le Coran, comme nous l’avons précédemment dit, mais que d’autre part il est connu que le monothéisme est la plus importante des obligations qu’a enseigné le prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam-, plus importante encore que la prière, la Zakât, le jeûne et le pèlerinage.
 
Alors, comment pourrait t’on dire que celui qui renie une seule de ces obligation est mécréant, et même s’il pratiquait tout le reste des enseignements du messager –salla llahou ‘alayhi wa sallam-, mais par contre s’il reniait le monothéisme en soit qui est la religion de tous les messagers, là il n’est pas mécréant ?! Soubhânallah ! Quelle étonnante ignorance !
 
On lui dira également : Ces compagnons du messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam- combattirent les Banî Hanîfa alors qu’ils s’étaient convertis avec le prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam- et ils attestaient qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Mouhammad est le messager d’Allah, et faisaient l’appel à la prière, et la prière.
 
S’il dit : « Mais ils disent que Mousaylima est un prophète ! » Alors nous lui disons que c’est cela notre objectif : à partir du moment où on dit que celui qui élève un homme au niveau du prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam- est un mécréant et que son sang et ses biens sont désacralisés et que ses deux attestations ne lui profitent aucunement, pas plus que la prière, alors que dire de ceux qui élèvent Chamsân ou Yousouf[10] ou un compagnon ou un prophète au niveau d’Allah, Le Tout puissant des cieux et de la terre ?! Soubhânallah ! : « C'est ainsi qu'Allah scelle les cœurs de ceux qui ne savent pas »[11]
 
On lui dira aussi : Ceux que ‘Ali ibn Abî Tâlib –qu’Allah l’agrée- fit bruler vifs, tous se prétendaient de l’islam et étaient les compagnons de ‘Ali -qu’Allah l’agrée -, et apprirent la science des compagnons, cependant ils ont eu la même croyance envers ‘Ali que vous envers Chamsân, Yousouf et autres qu’eux. Alors comment expliquez-vous que les compagnons du prophète ont-ils été unanimes sur leur condamnation à mort et leur mécréance ? Pensez-vous que les compagnons traitaient les musulmans de mécréant ? Croyez-vous qu’avoir des convictions envers « Tâj »[12] et ses semblables n’est pas nuisible, mais qu’avoir des convictions envers ‘Ali ibn Abi Tâlib, ça c’est de la mécréance ?
 
On lui évoquera aussi les Banou ‘Oubeyd Al Qadah, qui conquirent le Maghreb et l’Égypte à l’époque des Banî ‘Abbâs attestaient tous qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Mouhammad est le messager d’Allah, se prétendaient de l’islam et célébraient l’office du Vendredi et la prière en commun. Mais lorsqu’ils montrèrent de l’opposition à la loi islamique sur des points moins graves que ce dont nous parlons, les savants érudits furent unanimes sur leur mécréance et l’obligation de les combattre, et que leur pays est un pays en guerre, et les musulmans leur firent la guerre jusqu’à ce qu’ils restituent les terres musulmanes qu’ils possédaient.
 
On lui dira aussi : Si vraiment les anciens étaient mécréants uniquement parce qu’ils ont démentit le messager d’Allah, le Coran, la résurrection et autre, en plus de leur idolâtrie, alors que signifie donc le chapitre que tous les érudits du Fiqh ont mis dans chaque école de jurisprudence qui est : « Le chapitre du verdict de l’apostat », qui est le musulman qui redevient mécréant après son islam ? Ces savants ont mentionné beaucoup de catégories de mécréance, chacune d’entre elles fait de celui qui le commet un mécréant, désacralise son sang et ses biens, au point qu’ils énoncèrent des choses que l’homme fait très facilement, même une simple parole qu’il prononce de sa langue sans conviction aucune dans le cœur, mais le dit en plaisantant et en jouant.
 
On lui dira aussi : Ceux au sujet de qui Allah a dit « Ils jurent par Allah qu'ils n'ont pas dit (ce qu'ils ont proféré), alors qu'en vérité ils ont dit la parole de la mécréance et sont donc devenus mécréants après avoir étés musulmans. »[13] N’as-tu pas entendu qu’Allah les rendit mécréants pour une parole, malgré qu’à l’époque du messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam- ils firent le jihâd avec lui, prièrent avec lui, donnèrent la Zakat, firent le pèlerinage et pratiquèrent le monothéisme ?
 
Et également, ceux sur qui Allah dit « 65. Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement: «Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer.» Dis: «Est-ce d’Allah, de Ses versets et de Son messager que vous vous moquiez?» 66. Ne vous excusez pas: vous êtes devenus mécréants après avoir cru. Si Nous pardonnons à une partie des vôtres, Nous en châtierons une autre pour avoir été des criminels. »[14] En effet, ceux qu’Allah déclara être redevenu mécréant après avoir cru, alors qu’ils étaient avec le messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam- à la bataille de Taboûk, dirent une parole, et mentionnèrent l’avoir dite pour plaisanter.
 
Analyse donc cette ambiguïté, lorsqu’ils disent : « Vous traitez de mécréant des musulmans qui attestent qu’il n’y a de divinité qu’Allah, qui prient et jeûnent ! » Et après, observe bien la réponse à cela, car c’est une des choses les plus bénéfiques contenues dans les pages de ce livre.
 
Parmi les preuves de cela également, ce qu’Allah ta‘âlâ conta sur les fils d’Israël,  qui malgré leur science et leur piété, dirent à Moûsâ : « Désigne-nous une divinité semblable à leurs dieux », et des gens parmi les compagnons du prophète dirent « Donne-nous un Dhât al Anwât ![15] » Le prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam- jura alors que cela est la même parole que celle des fils d’Israël à Moûsâ : « Désigne-nous une divinité ».
 
Cela dit, les idolâtres ont une ambiguïté par laquelle ils argumentent, qui est que les fils d’Israël ne sont pas devenus mécréants en demandant cela, tout comme ceux qui dirent au prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam- « Donne-nous un Dhât al Anwât !» ne sont pas devenus mécréants.
 
La réponse est que certes, les fils d’Israël n’ont pas prit ce faux dieu, tout comme ceux qui demandèrent cet arbre au prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam- ne l’ont pas pris. Et il n’y a aucune divergence sur le fait que si les fils d’Israël avaient fait cela, ils seraient devenus mécréants, tout comme il n’y a pas de divergence sur le fait que si ceux qui avaient demandé l’arbre au prophète–salla llahou ‘alayhi wa sallam- après qu’il le leur ait interdit, ne lui avaient pas obéit et avaient prit un dhât al anwât t, ils seraient devenus mécréants, et c’est cela notre objectif.
 
Il est bon de noter que ce récit nous montre que le musulman, voir même le savant, peut tomber dans un type d’idolâtrie sans le savoir. Et cela montre aussi qu’il faut redoubler d’apprentissage  et de prudence, et aussi que ce que disent ignorants : « Nous comprenons le sens tu monothéisme » est l’une des pires ignorances et ruses de Satan. Et elle montre également que le musulman qui s’efforce de comprendre, lorsqu’il prononce une parole de mécréance sans le savoir, on l’avertit de cela, et s’il se repent sur le champ alors il ne devient pas mécréant, comme cela fut le cas pour les fils d’Israël et pour ceux qui demandèrent un dhât al anwât au prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam-. Elle montre également que même si on ne le juge pas mécréant, on le gronde sévèrement, comme le fit le messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam-.
 
Ils ont aussi une autre ambiguïté : ils disent que le prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam- blâma Oussâma d’avoir tué celui qui avait dit « Il n’y a de divinité qu’Allah » en lui disant « L’as-tu tué après qu’il ait dit « il n’y a de divinité qu’Allah » ? »[16] Et aussi la parole du prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam- : « Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu'à ce qu’ils disent : « Il n’y a de divinité qu’Allah » » et autres hadîth sur le fait de s’abstenir de tuer celui qui la prononce.
 
Ce que veulent dirent ces ignares, c’est que quiconque dit cette parole ne devient pas mécréant et ne peut pas se faire tuer, quoi qu’il fasse.
 
On répond à ces idolâtres ignorants : Il est connu que le messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam- combattit les juifs et les captura alors qu’ils disent qu’il n’y a de divinité qu’Allah, et les compagnons du prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam- combattirent les Bani Hanîfa alors qu’ils attestaient qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Mouhammad est le messager d’Allah, priaient et se prétendaient de l’islam, et aussi ceux que brûla ‘Ali ibn Abi Tâlib.
 
Et ces ignorants reconnaissent que quiconque renie la résurrection est considéré mécréant et est mis à mort, et même s’il dit qu’il n’y a de divinité qu’Allah, et que quiconque renie quoi que ce soit des piliers de l’islam est considéré mécréant et est mis à mort, même s’il dit qu’il n’y a de divinité qu’Allah.
 
Alors comment se pourrait-il que cette phrase ne lui profite point s’il renie une chose se rattachant aux branches de l’islam, mais lui profiterait s’il reniait le monothéisme qui est le fondement même de la religion des prophètes et sa tête ? Mais les ennemis d’Allah ne comprennent pas le sens des hadîth.
 
Quant-au hadith d’Oussâma, il a tué cet homme qui se prétendit de l’islam car il a cru que cet homme l’a prononcée pour sauver sa vie et ses biens. Or, lorsqu’un homme laisse apparaître l’islam, il est obligatoire de s’abstenir de le tuer tant qu’on ne voit pas clairement chez lui ce qui invalide cela, et Allah révéla ce verset à ce sujet : « O croyants! Lorsque vous sortez pour lutter dans le sentier d'Allah, voyez clair »[17] « Voyez clair » signifie : confirmez.
 
Ce verset indique donc qu’il est obligatoire de s’abstenir de tuer et de confirmer. Si après cela il apparaît clairement de lui ce qui invalide l’islam, il est mis à mort selon Sa parole «voyez clair », car si on ne le tue pas après qu’il ait laissé paraître ce qui invalide l’islam, il n’y aurait aucun sens de demander de confirmer.
 
En faite, l’autre hadith et ses semblables qui signifient ce que nous avons mentionné : que quiconque laisse apparaître l’islam et le monothéisme, il est obligatoire de s’abstenir de le tuer tant qu’il ne montre pas clairement ce qui annule cela, et la preuve de cela est que le prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam-, qui a dit « L’as-tu tué après qu’il ai dit qu’il n’y a de divinité qu’Allah ? » et t « Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu'à ce qu’ils disent : « Il n’y a de divinité qu’Allah » », est aussi celui qui a dit au sujet des khawârij : « Où que vous les rencontriez, tuez-les ! Si je les trouvais, je les tuerais certainement comme le peuple de ‘Âd fut tué. »[18] Malgré qu’ils sont parmi les gens les plus actifs dans l’adoration et dans la proclamation de l’unicité d’Allah, au point que les compagnons eux-mêmes se sentaient dévalorisés face à eux. Ils avaient apprit l’islam chez les compagnons, mais malgré tout cela, leur attestation qu’il n’y a de divinité qu’Allah ne leur profite pas, ni le grand nombre d’adoration ni la prétention d’être musulmans, à partir du moment où ils montrent de l’opposition envers la loi islamique.
 
Et ce que nous avons mentionné également, au sujet du combat des juifs, et le combat que les compagnons menèrent contre les Banî Hanîfa. Également, lorsque le prophète -salla llahou ‘alayhi wa sallam- voulu faire la guerre aux Banî Moustalaq lorsqu’un homme l’informa qu’ils refusaient de donner la Zakât, jusqu’à ce qu’Allah révèle ce verset : « Ô vous qui avez cru! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair (de crainte) que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait »[19] car cet homme avait menti sur leur compte. Tout ceci prouve que ce que nous disons est ce que voulait dire le prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam-.
 
Ils ont aussi une autre ambiguïté, c’est ce qu’a évoqué le prophète –salla llahou ‘alayhi wa sallam-, que le jour du jugement, les gens iront chercher du secours chez Âdam, puis chez Nouh, puis chez Moûsâ puis chez ‘Îsâ, et que tous s’excuseront jusqu'à ce qu’ils finissent chez le messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam-. Ils disent que ceci est une preuve que demander du secours à un autre qu’Allah n’est pas de l’idolâtrie.
 
La réponse est que tu dises : Gloire et pureté à Celui qui scelle les cœurs de ses ennemis ! En effet, demander secours aux créatures dans des choses où elles sont capables d’aider, nous ne le blâmons certainement pas, comme Allah le dit dans le récit de Moûsâ : « L'homme de son parti l'appela au secours contre son ennemi »[20] c’est comme si un homme demandait du secours à ses compagnons en temps de guerre ou autre sur des choses où les créatures sont capables. Mais ce que nous blâmons, c’est l’adoration par appel au secours qu’ils font auprès des tombes des saints ou à des êtres absents sur des choses où nul n’a de pouvoir en dehors d’Allah.
 
Une foi que ceci est confirmé, et bien ce l’objectif de demander du secours aux prophètes le jour du jugement c’est qu’ils invoquent Allah de régler les comptes des gens afin de soulager les gens du paradis de l’angoisse de l’attente, or ceci est permis autant dans ce bas-monde que l’au-delà, à savoir : que tu ailles chez un homme pieux vivant qui est à tes côtés et entend tes paroles, et que tu lui dises : « Invoque Allah en ma faveur ! » Comme le faisaient les compagnons avec le messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam-, ils lui demandaient cela de son vivant.
 
Par contre, après sa mort, alors là il n’était pas question pour eux de lui demander cela à sa tombe, certainement pas ! Au contraire, les salafs blâmaient celui qui invoquait Allah auprès de la tombe du prophète, alors que dire sur le fait de l’invoquer lui ?
 
Ils ont également une autre ambiguïté, c’est le récit d’Ibrâhîm –‘alayhi salâm- lorsqu’il fut jeté au feu et que Jabrâ’îl lui apparu dans les airs, et lui dit : « As-tu besoin de quelque chose ? » Ibrâhîm lui répondu « Je n’ai rien besoin de toi. » Alors ils disent que si le fait de demander le secours de Jabrâ’îl était une forme d’idolâtrie, il ne l’aurait pas proposé à Ibrâhîm.
 
La réponse est que c’est du même genre que dans l’autre ambiguïté : Jabrâ’îl lui a proposé de l’aider sur une chose où il en est capable, comme Allah dit à son sujet : « à la force prodigieuse »[21], donc si Allah lui avait permis de prendre le feu dans lequel était Ibrâhîm, et tout ce qu’il y avait autour, et les montagnes et de les jeter à l’orient ou à l’occident il l’aurait fait, et s’Il lui avait ordonné de placer Ibrâhîm dans un endroit éloigné d’eux, il l’aurait fait, ou s’il lui avait ordonné de l’élever au ciel il l’aurait fait. C’est comme si un homme riche qui possède beaucoup d’argent, et voit un homme dans le besoin, il lui proposerait de lui prêter ou de lui donner quelque chose afin qu’il subvienne à ses besoins, mais l’homme qui est dans le besoin refuse de le prendre et préfère patienter jusqu'à ce qu’Allah lui donne subsistance, afin de ne pas s’endetter. En quoi est ce que cela consiste à adorer un autre qu’Allah en demandant le secours à un autre ? Si seulement ils comprenaient quelque chose !
 
Nous clôturerons ce discours, si Allah le veut, par ce thème très important, qu’on a pu comprendre de tout ce qui précède, mais à qui nous allons donner une attention particulière du à son importance, et aux nombreuses erreurs que l’ont y commet.
 
Nous disons donc : Il n’y a pas de divergence quant au fait que le monothéisme doit impérativement se faire dans le cœur, sur la langue et dans les actes, et s’il manque une de ces choses alors l’individu n’est pas musulman. S’il connaît le monothéisme mais ne le pratique pas, alors c’est un mécréant entêté, comme Pharaon, Iblîs et ceux du même genre.
 
Et beaucoup de gens qui sont dans l’erreur à ce sujet disent « Ceci est vrai, et nous le comprenons et nous attestons que c’est la vérité, mais nous ne sommes pas capables de le pratiquer et nous n’autorisons dans notre pays que ceux qui sont d’accord avec nous. » Et autre prétextes…
 
Ce pauvre homme ne sait pas que la plupart des guides de la mécréance connaissent la vérité et ne l’abandonne que pour un prétexte, comme Allah le dit « Ils troquent à vil prix les versets d' Allah »[22] et autres versets encore, comme la parole d’Allah « Ceux à qui Nous avons donné le Livre, le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs enfants »[23]
 
S’il pratique le monothéisme extérieurement, mais qu’il ne le comprend pas et n’y croit pas dans son cœur, alors c’est un hypocrite et sa mécréance est pire que le mécréant pur : « Les hypocrites seront, certes, au plus bas fond du Feu, et tu ne leur trouveras jamais de secoureur »[24]
 
C’est un long thème, qui te démontre, lorsque tu la constates dans les propos des gens : tu vois celui qui connaît la vérité et délaisse sa mise en pratique de peur que cela diminue sa jouissance de ce bas monde, ou son rang, ou par flatterie ; et tu vois celui qui la met en pratique en l’apparence et non intérieurement. En effet, lorsque tu lui demandes quelle est sa conviction, il ne la connaît pas.
 
Cependant, il te faut comprendre deux versets du livre d’Allah : le premier est celui que nous avons cité précédemment, Sa parole : « Ne vous excusez pas: vous êtes devenus mécréants après avoir cru. »[25] Lorsque tu auras certitude que certains compagnons qui guerroyèrent les romains avec le messager d’Allah –salla llahou ‘alayhi wa sallam- devinrent mécréants pour avoir proféré une parole qu’ils dirent dans le but de jouer et de plaisanter, cela te démontrera que celui qui tient des popos de mécréance ou commet un acte de mécréance de peur que diminue sa richesse ou son honneur, ou par flatterie envers quelqu’un, est pire celui qui le dit pour plaisanter.
 
Quant au deuxième verset, c’est la parole d’Allah ta‘âlâ : « Quiconque mécroit en Allah après avoir cru... -sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance ceux-là ont sur eux une colère d'Allah et ils ont un châtiment terrible. »[26] Allah n’excusa pas ces gens, excepté celui qui y a été contraint alors que dans son cœur il est resté serein sur la foi. Par contre, pour ce qui est autre que ce cas, il devient mécréant après avoir cru, qu’il l’ait fait par peur, flatterie, pour sa patrie ou sa famille ou sa tribu ou pour ses richesses ; ou pour plaisanter ou autre but que cela… Seul celui qui est contraint est excusé.
 
Et le verset prouve cela sous deux aspects, premièrement : Sa parole « sauf celui qui y a été contraint », Allah ne fit exception que pour le contraint, et il est connu que l’homme ne peut se faire contraindre que sur ses actes ou ses paroles, par contre les convictions de son cœur, personne ne peut les lui contraindre.
 
Et deuxièmement : la parole d’Allah ta‘âlâ : « Il en est ainsi, parce qu' ils ont préféré la vie d’ici-bas à l' au-delà. »[27] Allah nous montre que cette mécréance et ce châtiment ne sont pas le causé par une conviction ou une ignorance ou une haine pour la religion ou un amour pour la mécréance. Plutôt, ils sont causé parce qu’il a dans cela une jouissance de ce bas-monde, et qu’il l’a préférée à la religion.
 
Et Allah demeure le plus savant sur toutes choses.
Louange à Allah, Seigneur de tout l’univers, et que le salue et la bénédiction d’Allah soient sur Mouhammad, sa famille et tous ses compagnons.
 
 
Traduction terminée par la volonté d’Allah le 11/07/2005 à 20h 57, Bruxelles, Belgique. Révisé et amélioré le 5 janvier 07.


[1] sourate 72 verset 18
[2] sourate 38, verset 5
[3] sourate 17 verset 67
[4] sourate 6 verset 40-41
[5] sourate 39 verset 8
[6] sourate 31 verset 32
[7] Note : Par exemple, ils invoquent Al Badaoui, Al Hallâj, Ibn ‘Arabi et autres du même genre, qui sont des extrémistes soufis qui ont atteint les pires niveaux de mécréance et de perversité.
[8] sourate 3 verset 97
[9] sourate 4
[10] Note : Chamsân et Yousouf, il s’agit de tombeau qui étaient adorés à l’époque de l’auteur.

Publié dans Livres et Traités

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